Le cinéma français a perdu l’une de ses figures les plus magnétiques au printemps 2026. En effet, la disparition brutale de l’actrice en avril dernier laisse un grand vide. Cependant, les mémorables films de Nadia Farès continuent de faire vibrer le public.
Révélée dans les années 1990, cette artiste complète a su imposer un style unique, mêlant force physique et mystère dramatique. Des thrillers sombres aux grosses productions d’action, elle a marqué toute une génération. Elle s’est ensuite essayée avec succès à la réalisation et à la chanson.
De l’anonymat parisien aux premiers rôles venimeux
Née à Marrakech en décembre 1968 d’un père marocain et d’une mère française, la jeune femme grandit à Nice. À sa majorité, elle décide de s’installer à Paris pour tenter sa chance sous les projecteurs. Elle vit alors de petits boulots tout en courant les castings. Sa détermination reste intacte, portée par l’espoir de percer.
Ses efforts finissent par payer au début des années 1990. Elle décroche ainsi son tout premier rôle sur grand écran dans une comédie de Didier Van Cauwelaert intitulée Les Amies de ma femme en 1992. Bien que discret, ce premier essai lui ouvre les portes d’un milieu très fermé.
Cependant, c’est en 1994 que la carrière au cinéma de Nadia Farès prend un tournant décisif. Elle incarne en effet la redoutable Angela dans le thriller noir Elles n’oublient jamais de Christopher Frank. Face à Thierry Lhermitte, elle crève l’écran dans ce rôle de femme fatale manipulatrice. Ce personnage l’impose immédiatement auprès des professionnels.
L’âge d’or des années 1990 : l’affirmation d’une femme forte
Grâce à cette performance remarquée, l’actrice enchaîne les projets d’envergure. Elle collabore notamment avec des réalisateurs de renom comme Alexandre Arcady ou Claude Lelouch. Mais c’est son tempérament de feu qui séduit le réalisateur Bernie Bonvoisin. Celui-ci lui offre des rôles marquants de femmes de caractère.
On la retrouve d’abord dans Les Démons de Jésus en 1997, puis dans Les Grandes Bouches deux ans plus tard. Parallèlement, elle diversifie ses expériences en prêtant sa voix singulière au cinéma d’animation. Les spectateurs découvrent ainsi son timbre chaleureux à travers le personnage de Gina dans le long-métrage Le Château des singes sorti en 1999. Cette polyvalence renforce sa popularité auprès d’un public de plus en plus large.
La consécration du grand public par le cinéma d’action
Le passage au nouveau millénaire marque l’apogée commerciale de la comédienne. En 2000, elle décroche le rôle de Fanny Ferreira dans le thriller policier Les Rivières pourpres de Mathieu Kassovitz. Ce long-métrage sombre, où elle donne la réplique à Jean Reno, devient un immense succès au box-office. Il grave durablement son visage dans la mémoire collective. Les spectateurs associent désormais les captivants films de Nadia Farès à des atmosphères tendues et mystérieuses.
Deux ans plus tard, elle confirme son statut d’icône du cinéma de genre français. Elle incarne magistralement l’agent des forces spéciales Hélène Laborie dans le film d’action Nid de guêpes, réalisé par Florent Emilio Siri. Ce rôle physique et intense assoit définitivement sa réputation d’héroïne d’action capable de porter des projets d’envergure.
L’aventure hollywoodienne et la priorité à la vie de famille
Forte de ces succès en France, l’actrice attire rapidement l’attention des studios étrangers. Elle s’exporte ainsi en Australie pour tourner dans le film d’horreur Storm Warning de Jamie Blanks. Cette incursion internationale prouve sa capacité d’adaptation aux codes hollywoodiens.
La même année, elle franchit un cap supplémentaire en rejoignant le casting du blockbuster américain War, connu en France sous le titre Rogue : l’ultime affrontement. Elle y partage l’affiche avec des stars mondiales comme Jet Li et Jason Statham. C’est sur ce type de tournage qu’elle rencontre le producteur américain Steven Chasman, qui deviendra son époux en juillet 2002.
Pourtant, alors que les portes d’Hollywood s’ouvrent à elle, la comédienne fait un choix radical. Elle décide de mettre sa carrière entre parenthèses pendant quatorze ans. Son but est de se consacrer pleinement à ses deux filles, Shanna et Cylia. Ce retrait volontaire témoigne de ses priorités personnelles, loin des paillettes de l’industrie.
Le grand retour à l’écran et la transition vers la télévision
Ce n’est qu’en 2017 que le public retrouve le chemin des salles pour apprécier les nouveaux films de Nadia Farès. Elle effectue son retour sous la caméra de Claude Lelouch dans Chacun sa vie. Par la suite, elle enchaîne les projets variés. Elle apparaît notamment dans le film de genre Lucky Day de Roger Avary en 2019. Puis, elle joue dans le huis clos sous tension On the Line en 2022 aux côtés de Mel Gibson.
Parallèlement à son retour dans les salles obscures, la comédienne devient un visage familier du petit écran. Elle brille notamment dans la série politique Marseille sur Netflix. Elle marque également les esprits dans la fiction policière de TF1 La Promesse en 2021. Elle enchaîne ensuite avec la version française de Luther et le thriller Les Siffleurs.
Une artiste complète : réalisation, scénario et musique
Au-delà de ses talents d’actrice, elle a toujours nourri une passion pour la création globale. Très tôt, elle s’essaie à la réalisation avec le court-métrage Sugarblues en 1990. Quelques années plus tard, elle écrit et réalise le téléfilm Anomalies passagères pour la chaîne Arte. Ce projet prouve sa maîtrise de la narration visuelle.
De plus, la musique occupe une place essentielle dans sa vie artistique. Bien qu’elle ait débuté comme actrice, elle réalise son rêve de chanteuse en publiant son album Momentum en 2011. Elle prête également sa voix à plusieurs bandes originales de films. Elle interprète notamment le générique de fin du film d’action Le Transporteur en 2002. Pour l’occasion, elle utilise le simple pseudonyme de Nadia.
Anecdotes de tournage et le rendez-vous manqué avec Dalida
La carrière de l’actrice comporte aussi son lot de rendez-vous manqués et d’anecdotes singulières. En 2011, le réalisateur Mabrouk El Mechri lui propose d’incarner l’icône de la chanson Dalida dans un projet de biopic. Cependant, suite à des changements de production, la réalisatrice Lisa Azuelos préfère finalement confier le rôle à Sveva Alviti. Elle souhaitait en effet privilégier un visage inconnu du grand public.
Par ailleurs, la vie de la comédienne a été marquée par de sérieux problèmes de santé, surmontés avec courage. Après une opération délicate pour un kyste cérébral en 2007, elle subit plusieurs interventions cardiaques. Ces épreuves personnelles n’ont jamais entamé sa détermination à remonter sur les planches et à retrouver les plateaux de tournage.
Un départ prématuré mais un héritage durable pour le cinéma français
Malheureusement, le destin rattrape brutalement l’artiste au printemps 2026. Victime d’un malaise cardiaque dans une piscine parisienne le 11 avril, elle s’éteint quelques jours après. Elle meurt le 17 avril 2026 à l’âge de 57 ans. Ses obsèques, célébrées en l’église Saint-Roch à Paris, ont réuni de nombreuses personnalités venues lui rendre un dernier hommage.
Aujourd’hui, alors que le monde du septième art pleure sa disparition, les spectateurs retiendront sa force tranquille. Son charisme magnétique crevait l’écran. La richesse de la filmographie et les mémorables films de Nadia Farès continueront d’inspirer les futures générations d’actrices et de réalisateurs à travers le monde.




