Portrait du comédien Nessym Guetat entouré de certains des personnages emblématiques auxquels il prête sa voix

Nessym Guetat : des rôles cultes de Chuck Bass à Miaouss, portrait d’une grande voix

Des ruelles sombres de l’Upper East Side aux arènes mythiques des jeux de cartes animés, certains timbres vocaux accompagnent plusieurs générations sans que le grand public ne connaisse toujours les visages derrière le micro. Nessym Guetat incarne parfaitement cette maîtrise discrète et polyvalente de l’art dramatique. Actif depuis le milieu des années 1990, le comédien a su bâtir une carrière dense, marquée par des interprétations devenues cultes dans le paysage audiovisuel francophone.

Son travail ne se limite pas à doubler des têtes d’affiche hollywoodiennes. Il explore également la direction artistique de plateau, la composition musicale et le jeu sur les planches, illustrant une curiosité artistique constante.

Des planches belges aux plateaux parisiens : genèse d’une vocation

Né le 18 mai 1973, Nessym Guetat grandit en Belgique au sein d’une famille d’origine italienne. Attiré très jeune par la scène, il s’initie d’abord au théâtre avant de suivre des cours complets d’art dramatique. Cette solide formation classique lui donne une grande rigueur dans le placement de la voix et l’interprétation des émotions. Il débute dans le milieu du doublage dès 1996, tout en foulant régulièrement les scènes théâtrales et les plateaux de télévision.

Au fil des années, l’artiste affine son jeu dans des registres très variés. Il interprète notamment le rôle de Trissotin dans Les Femmes savantes de Molière en 2008 à Paris. Parallèlement, sa carrière vocale prend une nouvelle ampleur géographique.

Après une première décennie d’activité intense dans les studios de Bruxelles, Nessym Guetat choisit d’exercer principalement en France à partir de 2006. Cette transition vers les studios parisiens marque une étape décisive dans son parcours professionnel, tout en contraignant certaines productions belges à confier ses rôles récurrents à d’autres interprètes.

L’art du doublage en prises de vues réelles : des icônes du petit et grand écran

Grâce à une grande souplesse vocale, Nessym Guetat prête sa voix à plusieurs comédiens majeurs du cinéma et de la télévision internationale. Il sait épouser les nuances de jeu d’acteurs aux tempéraments pourtant très différents, alternant gravité, cynisme ou séduction.

Les figures emblématiques des séries cultes

L’un de ses doublages les plus mémorables reste sans conteste celui d’Ed Westwick dans la série culte Gossip Girl. En prêtant sa voix au ténébreux milliardaire Chuck Bass, il façonne une intonation à la fois nonchalante, élégante et blessée, qui marque durablement les spectateurs francophones.

Dans un registre tout aussi intense, il double régulièrement le comédien suédois Alexander Skarsgård. On retrouve ainsi son timbre dans des œuvres majeures telles que la série vampirique True Blood où il campe Eric Northman, le drame Big Little Lies sous les traits de Perry Wright, ou encore le projet Murderbot – Journal d’un AssaSynth.

Parmi ses autres incarnations télévisuelles notables, Nessym Guetat assure le doublage régulier de Patrick Sabongui, notamment dans le rôle du capitaine David Singh au sein des séries Flash et Arrow. Les amateurs de séries médicales reconnaissent également sa voix derrière Kal Penn dans Dr House.

Des blockbusters aux rôles d’action

Au cinéma, le comédien accompagne des sagas de premier plan. Il assure l’intégralité du doublage de Taylor Lautner dans la saga cinématographique Twilight, où il interprète le loup-garou Jacob Black dès le premier volet. Sa voix traduit avec justesse l’évolution du personnage, partagé entre fougue adolescente et maturité guerrière.

Il double également avec régularité l’acteur américain Frank Grillo dans de nombreuses productions rythmées, à l’image de Prison Break, du long-métrage d’action Hitman & Bodyguard 2 ou encore de Boss Level. Nessym Guetat prête aussi ses accents au personnage de Jafar joué par Marwan Kenzari, démontrant sa capacité à enrichir des univers fantastiques variés.

Les héros de l’animation : de Miaouss à Seto Kaiba

L’animation japonaise et occidentale offre à Nessym Guetat un formidable terrain de jeu pour explorer des tessitures atypiques. Deux rôles majeurs ont particulièrement gravé son empreinte dans l’esprit du jeune public des années 2000.

Le premier Miaouss de la saga Pokémon

Durant les huit premières saisons de Pokémon, Nessym Guetat prête sa voix au célèbre félin parlant de la Team Rocket. Il confère à Miaouss une gouaille inimitable, mêlant arrogance comique, sens de la répartie et fragilité touchante. En raison de son déménagement en France, il reste le seul membre de la distribution originale belge à reprendre ce rôle lors des sorties en salles de certains films de la franchise distribués par TF1.

L’acteur pousse l’expérience jusqu’à pousser la chansonnette, en interprétant la version française de la chanson du générique de fin de la toute première saison de l’animé.

La rivalité passionnée de Yu-Gi-Oh!

Dans un registre radicalement différent, le comédien donne vie à Seto Kaiba, le rival légendaire de Yugi Muto dans Yu-Gi-Oh!. Il compose un personnage hautain et tranchant, tout en exprimant la fêlure secrète de ce duelliste dévoré par l’ambition mais protecteur envers son jeune frère.

Pour la même série, il réalise une véritable prouesse technique en doublant simultanément le détestable Insector Haga. Sur les conseils de sa direction de plateau, il adopte un timbre nasillard et grinçant pour différencier nettement les deux antagonistes au sein des mêmes épisodes.

Une présence continue dans l’animation contemporaine

L’artiste poursuit régulièrement ses apparitions dans des séries d’animation plus récentes. Il prête notamment sa voix à Anos Voldigoad dans The Misfit of Demon King Academy, à Despa dans Ranking of Kings, ou encore au personnage du Fils dans l’univers de Star Wars: The Clone Wars. On l’entend également dans les univers de Wakfu, Death Note et Chainsaw Man.

Musique, jeux vidéo et direction de plateau : une créativité globale

L’activité de Nessym Guetat dépasse largement l’exercice du doublage synchrone devant l’écran. Passionné par l’univers sonore, il pratique la guitare ainsi que les synthétiseurs, mettant ses compétences musicales au service de l’audiovisuel.

Il compose par exemple la bande originale et plusieurs versions instrumentales pour la série télévisée La Compagnie des glaces diffusée sur France 2 en 2006. Quelques années plus tard, il signe également la musique du titre Love Me.

Le secteur vidéoludique fait également appel à son talent d’interprète. Les joueurs peuvent reconnaître sa voix sur des productions d’envergure, notamment dans le rôle de Jake Muller pour Resident Evil 6, ou encore sous les traits de Bembé Alvarez dans le jeu en monde ouvert Far Cry 6.

En parallèle, Nessym Guetat endosse fréquemment la casquette de directeur artistique. À la tête des plateaux d’enregistrement, il guide ses pairs comédiens pour préserver l’émotion originelle des œuvres étrangères adaptées en langue française. Attentif à l’avenir de sa profession face aux mutations technologiques, il soutient activement les initiatives collectives défendant un doublage artisanal réalisé par des artistes humains.

Par sa polyvalence et son exigence dramaturgique, le comédien continue d’enrichir le patrimoine vocal francophone, rappelant que l’illusion du doublage repose avant tout sur un travail d’acteur profond et sincère.


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