L'humoriste Charles Brunet s'exprime sur scène avec un micro à la main

L’ascension fulgurante de Charles Brunet, l’humoriste qui bouscule le stand-up québécois

À seulement 24 ans en 2026, Charles Brunet s’impose comme l’un des visages les plus prometteurs de la nouvelle génération d’humoristes au Québec. Sans être passé par les bancs de la traditionnelle École nationale de l’humour, ce jeune prodige a su tracer son propre chemin grâce à un sens inné de la scène et une stratégie numérique redoutable. Aujourd’hui, il remplit les salles et s’apprête à entamer une tournée majeure, prouvant que le stand-up peut se réinventer hors des sentiers battus. Sa trajectoire fulgurante témoigne d’une époque où la scène et le virtuel se nourrissent mutuellement pour donner naissance à des carrières d’un genre nouveau.

Des bars de région aux planches du Bordel Comédie Club

Pour le jeune homme originaire de Saint-Lambert, la scène a toujours été une évidence. Dès l’âge de 12 ans, il commence à tester ses blagues devant ses camarades de classe dans le cadre de « Secondaire en spectacle ». Très vite, sa passion le pousse vers les scènes amateurs. À seulement 16 ans, alors qu’il n’a pas encore l’âge légal pour fréquenter les débits de boisson, son père l’accompagne dans les bars de région, notamment à Thetford Mines, pour lui permettre de jouer ses premiers textes. Cette complicité familiale précoce lui a permis de forger ses premières armes dans des conditions parfois rudes mais ô combien formatrices.

Ce parcours atypique et formateur lui évite de s’enfermer dans un cadre académique. Préférant la liberté absolue, il choisit de parfaire son art directement au contact du public plutôt que de suivre un cursus scolaire classique. Cette audace paye rapidement. À 18 ans, il fait ses débuts sur la scène mythique du Bordel Comédie Club à Montréal. C’est ce travail acharné sur le terrain qui a permis à Charles Brunet de se faire remarquer par les professionnels de l’industrie, impressionnés par sa maturité précoce et son sens inné du rythme comique.

Le phénomène @profil_interessant sur les réseaux sociaux

Parallèlement à ses performances sur scène, l’humoriste a compris très tôt la puissance des outils numériques pour bâtir sa communauté. Sous le pseudonyme @profil_interessant, il réunit aujourd’hui plus de 246 200 abonnés sur son compte TikTok. Ses vidéos y cumulent plus de 6,8 millions de mentions « j’aime », faisant de lui l’un des créateurs de contenu les plus influents du milieu de l’humour québécois.

Pour maintenir cette croissance, il collabore étroitement avec sa sœur Ariane Brunet, stratège numérique de profession. L’artiste utilise notamment les Instagram Reels pour recycler ses anciens sketches, maximisant ainsi la portée de ses publications auprès d’un nouveau public grâce à l’algorithme de diffusion de la plateforme.

Cette maîtrise du web s’accompagne d’un sens aigu de l’autodérision et du projet absurde. Durant sa jeunesse, il s’amuse à créer avec son meilleur ami le projet « Orange 3D », un concept délirant né du piratage du logiciel Final Cut et basé sur l’usage abusif d’effets de transition. Plus tard, c’est son sketch viral « Lil PCU », réalisé avec l’humoriste Arnaud Soly, qui le propulse sur le devant de la scène numérique. Il y incarne un jeune rappeur parodiant le fils de Justin Trudeau, un contenu qui a marqué les esprits et renforcé sa notoriété.

De « Show Intéressant » à « Très très bon show » : la conquête des scènes

Fort de sa popularité virtuelle, le jeune artiste a rapidement entrepris de convertir ses abonnés en spectateurs de salle. Son premier essai s’est matérialisé à travers « Show Intéressant », un spectacle de rodage au format de 60 minutes présenté notamment au Théâtre Manuvie et au Bordel Comédie Club. Bien que la qualité comique ait été saluée, certains spectateurs ont exprimé des réserves quant à la brièveté de la représentation au regard du prix du billet.

Cette première expérience a permis à l’humoriste de peaufiner sa formule pour proposer son véritable premier grand spectacle : « Très très bon show ». Conçu comme un enchaînement de segments de stand-up pur de cinq minutes, ce spectacle se veut une copie conforme de ses pensées au présent, loin des structures thématiques rigides sur le couple ou le capitalisme. C’est aujourd’hui l’œuvre dont il se dit le plus fier.

Pour roder ce matériel, l’artiste s’est installé en résidence au Théâtre Le Jésus à Montréal, où il se produit deux à trois fois par mois, avec l’ambition d’y jouer régulièrement sur une période de quatre ans. En parallèle, une importante tournée à travers le Québec est planifiée pour l’année 2026. Produit par le Groupe Entourage sous la gérance d’Élodie Lefebvre et la direction de l’agent de tournée Pierre-Luc Dancause, ce spectacle visitera de nombreuses villes :

  • Brossard (9-10 juillet et 14 octobre)
  • Valleyfield (8 août) et Sainte-Thérèse (29 août, 20 octobre)
  • Saint-Eustache (9 septembre) et Trois-Rivières (11-12 septembre)
  • Paris (Olympia – 18 septembre)
  • Thetford Mines (25 septembre) et L’Assomption (30 septembre)
  • Joliette (1er octobre), Victoriaville (3 octobre) et Québec (15 octobre)
  • Saguenay (16 octobre), Saint-Jean-sur-Richelieu (24 octobre) et Gatineau (31 octobre)
  • Rimouski (4 novembre), Rivière-du-Loup (5 novembre) et Granby (12 novembre)
  • Magog (14 novembre), Sainte-Agathe-des-Monts (18 novembre) et Saint-Hyacinthe (20 novembre)
  • Sainte-Marie-de-Beauce (21 novembre), Varennes (26 novembre) et Sherbrooke (28 novembre)
  • Lachute (5 décembre) et Montmagny (12 décembre)
  • Drummondville (Maison des arts Desjardins – 4 avril 2027, en supplémentaire)

Le point d’orgue de cette tournée sera sans doute sa prestation sur la scène mythique de l’Olympia de Paris le 18 septembre 2026, une consécration internationale précoce pour un si jeune artiste.

L’humour du peuple au style d’écriture libre

Le succès de Charles Brunet repose également sur sa capacité à proposer un humour rassembleur, qu’il qualifie lui-même d’humour « du peuple », bon enfant et extrêmement efficace. Ses influences artistiques puisent dans la culture populaire québécoise des années 2000, notamment les émissions « Le cœur a ses raisons », « Les pieds dans la marge » ou encore « Les appendices ». Ce sont ces références décalées qu’il réinvestit avec brio dans ses propres créations.

Cette efficacité comique et cette maturité scénique lui ont valu les éloges de pairs reconnus de l’industrie, à l’image de François Bellefeuille, impressionné par son talent dès ses débuts. Au-delà de la scène et du web, le jeune créateur multiplie les projets artistiques. On a pu le voir à la télévision lors du Gala ComediHa! en 2020 sous la houlette de Rachid Badouri, mais aussi lors du Gala Juste pour rire en 2025.

Il figure également au générique de plusieurs productions en tant qu’acteur ou scénariste, comme « Les prodiges » (2017), « Les rappeurs de Montréal 2 » (2021) ou plus récemment « Vitrerie Joyal » (2026), sans oublier ses apparitions de type caméo dans la série « Dans le livre dès maintenant ». En tant qu’invité de marque, il fréquente régulièrement les balados les plus populaires du Québec, de « Mike Ward Sous Écoute » à « Tout le monde s’haït », en passant par « Cœur de Robot » et « Humeurs humoristiques ».

Bien que quelques divergences subsistent dans les médias concernant son âge exact ou son lieu d’origine exact — l’artiste s’amusant parfois en entrevue à affirmer qu’il vient de Drummondville plutôt que de Saint-Lambert —, son talent fait l’unanimité. Alors qu’il s’apprête à parcourir les routes francophones, le jeune humoriste démontre que la relève est prête à bousculer les codes établis de l’industrie du spectacle.


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