Le vendredi 26 juin 2026, plus de 850 000 collégiens ont planché sur les épreuves écrites du diplôme national du brevet. Parmi les moments redoutés de cette matinée figure la dictée du Brevet sur Faval. Ce test de français Faval, tiré d’une œuvre de Blaise Cendrars, a mis à l’épreuve les nerfs des élèves sous une chaleur étouffante.
Un examen bousculé par la canicule et la réforme
Cette session s’est déroulée dans un contexte météorologique exceptionnel. Une intense vague de chaleur a en effet touché une grande partie de l’Hexagone ce jour-là. À Rennes, sous vigilance rouge, le thermomètre affichait déjà 28 °C à la mi-journée. De leur côté, les élèves marseillais devaient composer par près de 30 °C dans les classes.
Pour faire face à cette situation, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a maintenu les examens. Il a toutefois aménagé les conditions d’accueil. Les établissements ont ainsi distribué de l’eau et organisé des courants d’air pour soulager les élèves. Ce choix rappelle la session de 2019. À l’époque, Jean-Michel Blanquer avait décidé de reporter les épreuves en raison de températures extrêmes l’après-midi.
Au-delà de la météo, les candidats ont inauguré une réforme majeure du diplôme. Le traditionnel barème sur 800 points laisse désormais sa place à une note sur 20. Une moyenne minimale de 10/20 est maintenant requise pour obtenir le sésame. De plus, les épreuves écrites pèsent désormais pour 60 % de la note globale. Le contrôle continu s’appuie quant à lui directement sur les notes de la classe de troisième. Le ministre a d’ailleurs prévenu qu’il s’attendait à une baisse significative du taux de réussite.
Le portrait de Faval : un texte piégeux de Blaise Cendrars
Pour cette évaluation d’orthographe Faval, les concepteurs du sujet ont sélectionné un extrait de L’Homme foudroyé. Cet ouvrage de Blaise Cendrars est paru en 1945. Le texte brosse le portrait de Faval, un homme simple et d’une force herculéenne, terrorisé par l’idée de la mort.
Avant le début de l’épreuve, les surveillants ont écrit trois indications indispensables au tableau. Il s’agissait du nom propre « Faval », de l’adjectif « fruste » et des références de l’œuvre. Malgré ces indices précieux, la dictée du Brevet sur Faval comportait plusieurs chausse-trapes redoutables.
Les subtilités grammaticales qui ont fait trembler les candidats
La principale difficulté de ce texte réside dans la formule « des yeux souriant avec une candeur enfantine ». Dans ce cas précis, le terme « souriant » n’est pas un adjectif mais un participe présent. Ayant une valeur verbale, il reste donc strictement invariable. Beaucoup d’élèves ont pourtant cédé à la tentation de lui attribuer un pluriel.
Un autre piège classique concerne l’adjectif « fruste ». Bien qu’il ait été explicitement inscrit au tableau, ce mot est régulièrement déformé dans le langage courant. Les correcteurs s’attendent ainsi à retrouver la forme erronée « frustre » sur de nombreuses copies.
Enfin, les candidats ont dû faire preuve d’une grande agilité pour accorder les groupes nominaux. Le portrait physique de Faval enchaîne en effet les variations de genre et de nombre. Il fallait par exemple écrire « les jambes courtes et trapues », puis passer au masculin singulier avec « un torse démesuré ».
Barème strict et avis partagés sur la difficulté
L’épreuve orthographique Faval est intégrée à la note globale de français et reste évaluée sur 10 points. Les correcteurs appliquent un barème strict où chaque erreur grammaticale coûte un point. Les fautes lexicales entraînent quant à elles une pénalité de 0,5 point. Les omissions de mots sont également sanctionnées d’un point. Toutefois, une règle de non-cumul protège les élèves en ne pénalisant qu’une seule fois une erreur répétée sur un même terme. Selon certains spécialistes, réaliser moins de deux fautes sur ce texte constitue déjà une excellente performance.
Sur le terrain, les réactions des adolescents divergent fortement. Certains ont jugé l’exercice particulièrement aisé, tandis que d’autres l’ont trouvé bien plus complexe que prévu. Du côté des adultes, la nostalgie s’invite souvent dans les débats. Certains comparent cette dictée aux exigences passées du certificat d’études pour regretter une baisse globale du niveau.
Cette session 2026 confirme en tout cas que la dictée demeure le juge de paix du brevet des collèges. Alors que les réformes successives tentent de moderniser l’examen, la maîtrise de l’orthographe reste un pilier essentiel pour les futurs lycéens.






