Lors de sa présentation en 2010, elle a suscité l’étonnement, voire le rejet, des puristes de l’horlogerie de luxe. Pourtant, la rolex Hulk, de son nom officiel Submariner référence 116610LV, s’est imposée en une décennie comme l’un des modèles les plus recherchés et spéculatifs de l’histoire de la marque à la couronne. Cette montre de plongée singulière, entièrement vêtue de vert, a bousculé les codes traditionnels avant de voir sa cote s’envoler sur le marché de l’occasion.
En associant une lunette émaillée d’un vert éclatant à un cadran assorti, la manufacture genevoise a pris un risque esthétique audacieux. Ce choix a transformé un outil de plongée historique en une icône de mode et d’investissement, dont l’arrêt de production en 2020 a définitivement scellé la légende.
Une lignée historique née sous le signe des profondeurs
Pour comprendre l’impact de l’emblématique plongeuse émeraude, il faut remonter aux origines de la gamme. C’est en 1953 que Rolex crée la première Submariner, étanche à 100 mètres, un projet validé par le fondateur de la marque Hans Wilsdorf afin de répondre aux exigences des plongeurs professionnels. Présentée officiellement en 1954, cette montre de plongée mythique voit ses performances techniques progresser rapidement. Son étanchéité passe à 200 mètres la même année, puis atteint 300 mètres en 1979.
Le vert, couleur emblématique de Rolex, fait une entrée remarquée en 2003 pour célébrer le cinquantième anniversaire de la collection. La marque lance alors la référence 16610LV, rapidement surnommée la Kermit par les collectionneurs. Ce modèle de transition arborait une lunette verte mais conservait un cadran noir classique. En 2010, Rolex décide d’aller beaucoup plus loin en dévoilant la référence 116610LV, où le vert envahit l’intégralité de la montre, lui valant immédiatement le surnom de Hulk en référence au célèbre colosse de bande dessinée.
Les secrets de fabrication de la montre à lunette verte
La Rolex Hulk se distingue par une fiche technique de haut vol et des choix de matériaux sans compromis. Son boîtier Oyster, d’un diamètre de 40 mm pour une épaisseur de 12 mm, est taillé dans un acier inoxydable 904L extrêmement résistant, baptisé Oystersteel par la marque.
Voici les éléments clés qui caractérisent ce modèle phare :
- Une lunette tournante unidirectionnelle en céramique verte (Cerachrom) inrayable.
- Un cadran vert à la finition soleillée dont la nuance varie du vert clair au sapin foncé selon l’exposition à la lumière.
- Des index appliqués luminescents offrant une lisibilité optimale grâce à la technologie Chromalight.
- Un verre saphir inrayable surmonté de la célèbre loupe Cyclope à 3 heures.
- Une étanchéité garantie jusqu’à 300 mètres de profondeur grâce à une couronne vissée Triplock.
Sous le cadran bat le calibre manufacture 3135, un mouvement automatique certifié chronomètre par le COSC. Réputé pour sa robustesse, ce moteur horloger intègre un spiral Parachrom qui assure une excellente résistance aux chocs et aux variations de température, tout en offrant une réserve de marche de 48 heures.
La folie spéculative du marché de l’occasion
Le destin commercial de la Submariner verte est un cas d’école. Vendue initialement aux alentours de 7 850 € en boutique, elle imposait déjà aux acheteurs des listes d’attente interminables de trois à cinq ans chez les détaillants agréés. Cependant, c’est l’annonce de l’arrêt de sa production en 2020 qui a mis le feu aux poudres sur le marché secondaire. Elle a alors laissé sa place à la référence 126610LV, dite Starbucks, qui est revenue à un cadran noir.
Depuis cette date, les prix se sont envolés. La valeur de la rolex Hulk a triplé par rapport à son prix de vente initial. Aujourd’hui, les transactions sur le marché de l’occasion oscillent généralement entre 15 000 € et 28 000 € selon l’état de conservation et la présence de la boîte et des papiers d’origine. Cette pièce d’exception s’échange ainsi à un tarif nettement supérieur à celui d’une Submariner noire classique d’occasion, confirmant son statut d’investissement financier à part entière.
L’histoire de ce garde-temps démontre comment une audace esthétique initialement controversée peut se transformer en un phénomène culturel et spéculatif mondial. Alors que le marché horloger continue d’évoluer, la place de cette référence tout en couleur semble solidement assurée au panthéon des pièces de collection les plus convoitées de notre époque.
