Portrait de l'homme politique Régis Juanico portant l'écharpe tricolore avec une ville en arrière-plan

Régis Juanico : parcours d’un député frondeur devenu maire de Saint-Étienne

Le paysage politique stéphanois a connu un basculement historique au printemps 2026. Après plus d’une décennie de gestion par la droite, marquée par des tempêtes judiciaires retentissantes, Régis Juanico a remporté la mairie de Saint-Étienne à la tête d’une large coalition de gauche. Cette victoire locale consacre un parcours de plus de trente ans au service de l’action publique, mené sur le terrain comme au Parlement.

Reconnu pour son expertise sur les politiques sportives et la lutte contre la sédentarité, l’ancien parlementaire socialiste incarne une gauche attachée à la justice sociale et à l’éthique républicaine. Son élection ouvre désormais une nouvelle étape dans sa carrière, consacrée à la transformation concrète du quotidien des Stéphanois.

Les racines et l’ascension politique : du syndicalisme étudiant au Palais-Bourbon

Né en 1972 en Saône-et-Loire dans une famille rapatriée d’Algérie, Régis Juanico grandit au contact du sport grâce à son père, professeur d’éducation physique et sportive. Après avoir vécu une partie de son adolescence à l’île de La Réunion, il rejoint la métropole pour poursuivre de brillantes études universitaires. Il obtient ainsi son diplôme de l’Institut d’études politiques de Lyon, avant de valider une maîtrise de sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Son engagement militant débute très tôt. Dès 1990, il prend sa carte au Parti socialiste et milite activement au sein du syndicat étudiant UNEF. Proche de la sensibilité rocardienne puis hamoniste, il prend la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes en 1995. Durant ces années de formation, il conseille également le ministre de la Défense Alain Richard, développant une solide maîtrise des rouages administratifs et budgétaires.

Installé à Saint-Étienne à la fin des années 1990, l’homme politique français s’ancre durablement dans le paysage ligérien. En 2004, il remporte son premier grand scrutin local en devenant conseiller général du canton de Saint-Étienne-Nord-Est-1. Il consolidera sans interruption cette assise départementale jusqu’en 2026.

Quinze ans de mandat à l’Assemblée nationale : la voix d’un député rigoureux

En juin 2007, Régis Juanico franchit une étape décisive en décrochant le siège de député dans la première circonscription de la Loire face à la majorité sortante. Réélu confortablement en 2012, il s’impose rapidement comme l’une des voix les plus assidues de l’Assemblée nationale. Au total, il rédige plus d’une trentaine de rapports parlementaires au fil de ses mandats.

Son travail s’illustre particulièrement au sein de la commission des Finances, où il assure le rôle de rapporteur spécial pour le budget « Sport, Jeunesse et Vie associative ». Parallèlement, il participe activement à la régulation des jeux d’argent. Ses initiatives contribuent directement à la création de l’Autorité nationale des jeux lors de l’examen de la loi PACTE.

Lors de la vague macroniste de juin 2017, l’ex-parlementaire socialiste accomplit un véritable tour de force électoral. Alors que les figures historiques de la gauche chutent les unes après les autres, il conserve son siège avec seulement 23 voix d’avance au second tour. Cette victoire étriquée lui vaut alors le surnom de « dernier des frondeurs » rescapé au Palais-Bourbon.

Fidèle à ses principes, Régis Juanico maintient une ligne d’indépendance critique. Dès juillet 2017, il refuse d’accorder sa confiance au gouvernement d’Édouard Philippe. Quelques années plus tard, en février 2021, il est le seul membre de son groupe parlementaire à voter contre la loi sur les principes de la République, affirmant son attachement rigoureux aux libertés publiques.

Sport, santé et lutte contre la sédentarité : une expertise reconnue

Au-delà des débats partisans, l’ancien député de la Loire s’est imposé comme un expert incontournable des enjeux d’activité physique. Licencié au club d’athlétisme stéphanois Coquelicot 42, où il pratique les épreuves de lancers, il relie passion personnelle et politiques de santé publique. Il défend l’idée que l’activité physique constitue une arme préventive majeure face aux maladies chroniques.

Après son départ du Parlement en 2022, il fonde une structure de conseil dédiée à ces thématiques et enseigne à l’université. Il publie notamment plusieurs ouvrages engagés, dont des manifestes alertant sur les dangers majeurs de la sédentarité chez les jeunes. Ses réflexions nourrissent de nombreuses initiatives nationales menées aux côtés de médecins et de chercheurs renommés.

Cette implication trouve une reconnaissance institutionnelle majeure à l’été 2026. Régis Juanico est alors choisi pour prendre la présidence de l’association Territoires d’Événements Sportifs. Cette responsabilité lui permet de promouvoir l’héritage des grands rendez-vous sportifs et d’encourager la pratique pour tous au cœur des collectivités locales.

La conquête de Saint-Étienne en 2026 : l’union de la gauche victorieuse

Le contexte politique stéphanois change radicalement à la fin de l’année 2025. Le maire sortant Gaël Perdriau démissionne après une lourde condamnation en première instance dans une retentissante affaire de chantage à la sextape. Face au discrédit de l’ancienne équipe municipale, Régis Juanico saisit l’opportunité de proposer une alternative crédible et apaisée.

Il rassemble alors une large coalition sous la bannière « Rassembler Saint-Étienne », regroupant socialistes, écologistes, communistes et représentants de la société civile. Refusant l’alliance avec La France Insoumise, sa liste arrive largement en tête au premier tour des élections municipales de mars 2026. Une semaine plus tard, il remporte une victoire nette au second tour avec plus de 44 % des suffrages dans une quadrangulaire disputée.

Le 27 mars 2026, l’homme politique français est officiellement installé dans le fauteuil de maire. Quelques jours plus tard, il prend également la tête de Saint-Étienne Métropole avec une écrasante majorité, concrétisant une alternance attendue depuis douze ans dans la cité ligérienne.

Premières réformes : cap sur l’éducation et la proximité citoyenne

Dès son installation, la nouvelle équipe municipale engage des chantiers prioritaires pour restaurer le lien de confiance avec les habitants. Soucieux d’exemplarité, le maire applique immédiatement une baisse de son indemnité de fonction par rapport aux montants perçus par son prédécesseur. Il réactive également les instances locales de prévention de la délinquance, laissées en sommeil depuis plusieurs années.

Sur le plan éducatif, la municipalité déploie un plan ambitieux de réhabilitation et de végétalisation des cours d’écoles, représentant plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement. L’accès aux services publics progresse avec la gratuité des médiathèques et la mise en place de la gratuité des transports le samedi. Ces mesures répondent concrètement aux engagements pris durant la campagne.

Entre renouveau démocratique et transformation écologique, Régis Juanico engage Saint-Étienne dans une dynamique de modernisation durable qui entend réconcilier solidarité et attractivité territoriale.


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