Swann Dupont assise près d'une fenêtre donnant sur un paysage champêtre avec des livres à ses côtés

Swann Dupont : la voix singulière d’une artiste plurielle

Entre la rudesse de la ruralité et la liberté des écrans, certains parcours artistiques bousculent les trajectoires toutes tracées. L’artiste française Swann Dupont incarne cette nouvelle génération de créatrices qui refusent de se laisser enfermer dans une seule case, naviguant avec audace entre le cinéma et la littérature.

En explorant des thématiques intimes et sociales fortes comme la vie rurale, le travail du sexe ou l’émancipation par le corps, Swann Dupont s’est construit un univers singulier. Son œuvre, marquée par une double identité de comédienne-réalisatrice et d’autrice, propose un regard sans concession sur la construction du désir et de la féminité.

Du cinéma de la Nouvelle Vague aux plateaux de tournage

Avant de prêter sa voix à l’écriture, la jeune femme a façonné son regard à l’université. Elle décroche un Master de recherche en études cinématographiques à l’Université Paris-Diderot, où elle se spécialise dans l’analyse de la Nouvelle Vague française. Cette formation académique solide s’accompagne d’études théâtrales qui la mènent naturellement vers le métier de comédienne.

Ses premiers pas professionnels se font sur les planches et devant la caméra. Pourtant, elle perçoit initialement cette activité comme un simple job alimentaire pour payer son loyer. Elle se sent alors bridée par des propositions de rôles stéréotypés, souvent cantonnée à incarner de jeunes Parisiennes solaires et enjouées.

Sa filmographie s’étoffe néanmoins de plusieurs expériences significatives à la télévision et dans des formats courts :

  • Le rôle principal d’Alice dans la série télévisée éponyme, sur seize épisodes entre 2018 et 2019.
  • Une apparition dans une mini-série télévisée en 2018.
  • Des rôles dans les courts-métrages Serveuse bar en 2022 et Scripte Tango en 2024.

Le passage derrière la caméra et l’affirmation littéraire

Désireuse de s’approprier pleinement son outil d’expression, elle décide de passer à la réalisation. Son premier court-métrage, Le Dernier homme de Vicky Venucci, voit le jour en 2024. Né d’une réflexion approfondie sur la place des femmes dans le cinéma érotique, ce projet bénéficie d’une résidence d’écriture au Moulin d’Andé. Le scénario est ensuite sélectionné dans plusieurs festivals reconnus, notamment à Valence et à Marseille.

Parallèlement à sa carrière cinématographique, Swann Dupont s’impose dans le paysage littéraire par une écriture incisive. Début janvier 2026, elle publie son premier roman autobiographique intitulé Fille de pute aux éditions Istya & Cie. Ce récit percutant aborde sans fard une enfance passée dans un milieu rural normand, marqué par la précarité et la violence sociale.

Le livre se concentre sur l’arrivée de sa belle-mère, une prostituée présumée qui bouscule les codes du village. Loin des clichés misérabilistes, cette figure féminine forte devient un véritable vecteur d’initiation aux codes de la féminité pour la jeune fille. L’autrice y explore avec finesse la dualité entre sa mère cantinière et cette belle-mère flamboyante, transformant un stigmate social en un puissant cri d’émancipation.

Une créativité graphique et des influences assumées

L’écriture de la romancière se décline également dans l’univers de la bande dessinée. En octobre 2025, elle co-écrit avec Kris l’album France profonde, publié chez Albin Michel et illustré par Eliot Vandenheede, qui se penche sur l’âge d’or du cinéma érotique des années 1970. Elle poursuit cette exploration graphique en scénarisant l’album Ainsi soient-Elles, dessiné par Vincent Bailly et publié chez Dupuis en janvier 2026.

Ses influences artistiques s’enracinent à la fois dans le cinéma d’auteur et la culture populaire. Les héroïnes de Jean-Luc Godard et d’Eric Rohmer représentent pour elle des modèles de liberté absolue face aux carcans sociétaux. De plus, elle s’attache à réhabiliter le cinéma érotique des années 1970, un genre souvent ignoré par l’université malgré son immense succès populaire à l’époque.

Bien que certaines sources minoritaires introduisent des confusions sur l’orthographe de son patronyme ou sur ses éditeurs, le parcours de l’artiste témoigne d’une grande cohérence. À travers ses différents canaux d’expression, elle continue de déconstruire les tabous liés au corps et à la sexualité féminine.


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