Sorti au début des années 2000, le long-métrage la Tour Montparnasse infernale s’est rapidement imposé comme une référence incontournable de l’humour absurde en France. Porté par un duo comique alors en pleine ascension, ce film marque un tournant décisif dans le paysage cinématographique hexagonal de l’époque.
Un tremplin décisif pour le duo Éric et Ramzy
Après avoir conquis le public sur scène, notamment lors de leurs représentations mémorables au Palais des Glaces, Éric Judor et Ramzy Bedia opèrent ici une transition majeure vers le grand écran. Les deux humoristes signent leur tout premier grand rôle au cinéma dans une production d’envergure nationale. Ils s’entourent pour l’occasion d’une équipe solide, confiant la réalisation à Charles Nemes.
Ce projet sert également de tremplin pour d’autres talents de la scène comique française. C’est en effet le premier grand rôle au cinéma pour Marina Foïs, ancienne membre active de la troupe des Robin des Bois. À l’inverse, cette production marque la toute dernière apparition à l’écran du comédien Michel Puterflam, ajoutant une touche de nostalgie à cette aventure.
Une parodie assumée des blockbusters américains
Le scénario, coécrit par le duo d’acteurs, Charles Nemes et Xavier Matthieu, se structure comme un pastiche délirant de films d’action hollywoodiens. Les scénaristes ciblent ouvertement des classiques du cinéma d’action comme Piège de cristal ou La Tour infernale. D’autres références populaires, à l’instar de Matrix ou Speed, viennent nourrir les gags visuels de cette aventure parisienne.
Pour donner vie à cette parodie ambitieuse, la production déploie un budget conséquent de 9 570 000 euros. Le tournage se partage astucieusement entre les célèbres Studios de Joinville et le véritable gratte-ciel parisien. Les spectateurs découvrent ainsi les deux héros suspendus à leur nacelle de laveurs de carreaux au niveau du 52e étage de la tour noire.
L’ineptie au service d’un scénario rocambolesque
L’intrigue démarre lorsqu’un commando armé investit le bâtiment pour dévaliser un coffre-fort contenant des millions de francs. Stéphanie Lanceval, incarnée par Marina Foïs, s’avère être le cerveau criminel de l’opération par haine pour son oncle. Mais c’est sans compter sur la stupidité légendaire des deux laveurs de carreaux, qui vont saboter le braquage sans même s’en rendre compte.
Au fil des minutes, les gaffes s’enchaînent à un rythme effréné pour le plus grand plaisir des spectateurs. Éric et Ramzy neutralisent accidentellement des terroristes, prennent un détonateur de bombe pour un talkie-walkie et utilisent une main coupée comme porte-bonheur. Le point d’orgue de leur bêtise survient lors du dénouement, lorsqu’ils dessinent un chiffre un devant la valeur de tous les billets de banque dévalisés, rendant le butin totalement inutilisable.
Un succès populaire face à la sévérité de la critique
Les péripéties absurdes de la Tour Montparnasse infernale séduisent immédiatement un large public dans les salles obscures. Le film enregistre plus de deux millions d’entrées en France, se classant parmi les plus grands succès de l’année 2001. Cette performance commerciale remarquable lui permet d’acquérir au fil du temps le statut d’œuvre culte pour toute une génération.
Néanmoins, la presse et les plateformes spécialisées affichent des notes plus contrastées. Sur Allociné, les spectateurs attribuent une moyenne de 2,4/5, tandis que la presse se montre légèrement plus clémente avec une note de 2,9/5. Quinze ans plus tard, en 2016, une préquelle intitulée La Tour de contrôle infernale tente de raviver la flamme, mais elle essuie un échec commercial cuisant en salles.
Aujourd’hui encore, la Tour Montparnasse infernale reste un marqueur indéboulonnable de la comédie potache des années 2000. Son influence se fait toujours ressentir dans l’humour absurde contemporain français. Redécouvrir ce monument de dérision permet de mesurer le chemin parcouru par ses créateurs.
