En 2014, une comédie française bousculait le box-office en important le concept du « found-footage » dans l’humour hexagonal. Fort de ses 2,3 millions de spectateurs, l’équipe menée par Philippe Lacheau a rapidement imaginé une suite. Sorti en décembre 2015, le film Babysitting 2 transpose sa formule de caméra retrouvée sous le soleil du Brésil. Cette fois, la bande d’amis troque la garde d’un enfant contre une excursion sauvage qui dérape, mêlant gags potaches et cascades impressionnantes au cœur de la jungle.
Une suite exotique sous tension
L’intrigue débute dans un décor de carte postale. Franck, Sonia et leurs fidèles complices s’envolent pour le Brésil afin de séjourner dans l’éco-hôtel dirigé par Jean-Pierre, le père de Sonia incarné par Christian Clavier. Franck espère profiter de ce cadre idyllique pour faire sa demande en mariage. Cependant, les catastrophes s’enchaînent dès le voyage : Alex avale accidentellement la bague de fiançailles, tandis que les maladresses répétées de la bande nuisent gravement à l’ambiance familiale.
Pour tenter d’apaiser les tensions, une excursion dans la forêt tropicale est organisée sous la direction d’un guide local. Mais le groupe ne rentre pas à l’hôtel le soir venu. Le lendemain, Jean-Pierre et les clients découvrent une caméra GoPro abandonnée. En visionnant les images, ils vont reconstituer le parcours rocambolesque des disparus à travers la jungle brésilienne.
Une cascade de péripéties dans la jungle
Le film adopte alors le procédé de la caméra subjective pour dévoiler une succession de mésaventures absurdes. Perdu après l’accident de son guide, le groupe enchaîne les catastrophes :
- Une amnésie soudaine après qu’un des membres a été assommé par accident.
- Une morsure d’araignée venimeuse sur les parties intimes de Franck.
- Le crash involontaire d’un ULM provoqué par un tir de fusée de détresse.
- La destruction accidentelle d’un village indigène suite à un rituel qui tourne au fiasco.
- Une fuite éperdue se terminant par un saut de falaise et un vol improvisé en avion sans carburant.
Cette débauche d’action culmine dans une séquence de chute libre mémorable. L’intégralité des cascades a été réalisée par les acteurs eux-mêmes, notamment le saut en parachute filmé en caméra subjective sans montage, ce qui renforce l’immersion visuelle du spectateur.
Entre efficacité comique et limites du concept
Le long-métrage a rencontré un grand succès populaire, enregistrant plus de 3 millions d’entrées en France. Le public et une partie de la critique ont salué le rythme effréné des gags et la beauté des décors naturels d’Itacaré, où s’est déroulé le tournage. La véritable révélation du film reste la prestation de Valériane de Villeneuve dans le rôle de Yolande, la grand-mère acariâtre et totalement irrévérencieuse imposée durant l’excursion.
Néanmoins, cette suite de Babysitting a également suscité des réserves. Plusieurs observateurs ont regretté un scénario calqué sur la structure du premier volet, remplaçant simplement l’enfant par la grand-mère. Pour certains critiques, le titre même semble usurpé puisque l’intrigue s’apparente davantage à un voyage de vacances désastreux qu’à du véritable baby-sitting. De plus, l’utilisation du found-footage a été jugée moins cohérente et moins bien intégrée que lors de leur première tentative.
Malgré ces discussions sur sa structure narrative, cette comédie d’action brésilienne confirme l’efficacité de la recette développée par Philippe Lacheau et Nicolas Benamou, combinant humour potache et grand spectacle.
