La célèbre saga de science-fiction lancée en 1987 vient de franchir un cap historique. Avec le film Predator: Badlands, le réalisateur Dan Trachtenberg bouscule les codes en plaçant pour la première fois la redoutable créature extra-terrestre au centre de l’intrigue. Ce choix audacieux modifie profondément la dynamique de la franchise en transformant le monstre en protagoniste principal.
Sorti dans les salles françaises en novembre 2025, ce long-métrage de 107 minutes bénéficie d’une classification interdit aux moins de 12 ans. Doté d’un budget conséquent de 105 millions de dollars, le projet a été tourné dans les paysages sauvages de la Nouvelle-Zélande sous le titre secret de « Backpack ».
Une alliance improbable sur une planète hostile
L’histoire suit le parcours de Dek, un jeune Predator jugé trop faible par son clan. Banni par son père Njohrr, il échappe de peu à la mort grâce à son frère Kwei, qui se sacrifie pour lui et sauve son frère en l’envoyant sur Genna. Sur cette planète mortelle et sauvage, Dek doit apprendre à survivre par ses propres moyens.
C’est dans cet environnement hostile qu’il fait la rencontre de Thia. Cette dernière est une androïde endommagée de la compagnie Weyland-Yutani. Pour incarner ce personnage, la production a fait appel à Elle Fanning, qui livre une performance remarquable en assurant le double rôle des androïdes synthétiques Thia et Tessa. Privée de ses jambes, Thia propose un pacte au jeune chasseur : elle l’aide à traquer le Kalisk, une créature locale géante, en échange de la récupération de ses membres inférieurs.
Des inspirations variées et une langue inédite
Pour concevoir cette relation originale, le réalisateur s’est inspiré de plusieurs œuvres marquantes. Il cite notamment le western classique L’Homme des vallées perdues, mais aussi le jeu vidéo The Last of Us ou encore la dynamique entre Chewbacca et C-3PO dans Star Wars. De plus, le cinéaste a bénéficié des conseils précieux de James Cameron pour peaufiner son film.
Par ailleurs, l’une des grandes forces de cette production réside dans la création d’une véritable culture Yautja. Contrairement aux précédents films, l’équipe a développé un langage écrit et parlé complet pour les créatures. C’est le linguiste de la franchise Avatar qui a conçu cette langue complexe, que l’acteur Dimitrius Schuster-Koloamatangi a dû intégralement apprendre pour le rôle.
Un succès commercial et des débats enflammés
Sur le plan financier, la formule s’est révélée particulièrement efficace. Le film s’est rapidement imposé comme le numéro 1 du box-office lors de son premier week-end d’exploitation en Amérique du Nord, récoltant 40 millions de dollars. Les spécialistes ont salué la qualité visuelle du film, sublimée par le travail des studios Wētā FX pour les effets spéciaux.
Cependant, cette nouvelle direction artistique suscite de vifs débats parmi les fans de la première heure. En effet, certains regrettent que le monstre perde son aura terrifiante pour devenir un protagoniste principal presque sympathique, évoquant une forme de « Disneyfication » de la franchise. Les spectateurs les plus nostalgiques déplorent ainsi le manque de la tension horrifique qui caractérisait l’œuvre originale.
Malgré ces discussions animées, cette proposition audacieuse prouve que la franchise sait encore surprendre et se renouveler après presque quarante ans d’existence. En déplaçant la caméra du côté de la proie vers le chasseur, le film ouvre de nouveaux horizons narratifs passionnants pour l’avenir de cet univers de science-fiction.
