Sorti sur les écrans durant une période troublée, le long-métrage ceux qui veulent ma mort marque le retour d’Angelina Jolie dans un rôle d’action particulièrement physique. Ce thriller sauvage, réalisé par Taylor Sheridan, plonge les spectateurs au cœur des forêts hostiles du Montana pour une traque haletante.
Le film s’appuie sur une tension permanente où la nature devient aussi dangereuse que les hommes. Entre incendies ravageurs et tueurs à gages impitoyables, ce néo-western moderne cherche à renouer avec l’efficacité brute des productions des années quatre-vingt-dix.
Une traque impitoyable sous les pins du Montana
L’histoire commence par une fuite éperdue. Owen Casserly, un comptable fiscaliste incarné par Jake Weber, découvre à la télévision le meurtre de sa patronne. Comprenant qu’il est la prochaine cible, il prend immédiatement la route avec son jeune fils Connor, joué par le prometteur Finn Little.
Malheureusement, des tueurs à gages redoutables tendent une embuscade au père et l’abattent de sang-froid. Avant de mourir, ce dernier ordonne à son fils de fuir à travers la forêt sauvage. C’est dans ce décor majestueux mais hostile que le destin de l’adolescent va croiser celui d’une femme profondément marquée par la vie.
Hannah Faber, une pompière parachutiste chevronnée, vit désormais isolée au sommet d’une tour de guet anti-incendie. Traumatisée par une ancienne mission où elle n’a pas pu sauver trois adolescents, elle trompe sa culpabilité dans la solitude. Lorsqu’elle aperçoit le jeune garçon couvert de sang, elle décide immédiatement de le prendre sous son aile.
Un casting de haut vol mené par une héroïne brisée
Pour donner vie à ceux qui veulent ma mort, le réalisateur Taylor Sheridan a réuni une distribution prestigieuse. L’annonce de la participation d’Angelina Jolie en janvier 2019 a rapidement attiré l’attention des médias et du grand public. Elle livre ici une prestation physique intense, incarnant une femme forte mais psychologiquement fragile.
Face à elle, les spectateurs retrouvent des visages familiers du grand et du petit écran. Jon Bernthal prête ses traits à Ethan Sawyer, l’adjoint du shérif local et ancien compagnon d’Hannah. Les redoutables assassins, Jack et Patrick Blackwell, sont interprétés avec froideur par Aidan Gillen et Nicholas Hoult, un duo de tueurs particulièrement méthodiques.
Une sortie contrariée et un destin en streaming
La pandémie de Covid-19 a lourdement perturbé le calendrier de diffusion initialement prévu pour le cinéma. Pour contourner la fermeture des salles, la société Warner Bros a choisi d’appliquer sa stratégie hybride en proposant le film simultanément dans les salles américaines et sur la plateforme HBO Max en mai 2021.
Les spectateurs français espérant découvrir ceux qui veulent ma mort sur grand écran ont dû quant à eux revoir leurs attentes. Le long-métrage a en effet été privé de sortie en salles dans l’Hexagone, arrivant directement à la télévision et en VOD à la fin de l’année 2021.
Cette exploitation bousculée a logiquement limité les performances financières du projet. Avec un budget conséquent, le film n’a récolté qu’un peu plus de 7 millions de dollars aux États-Unis, pour un total mondial s’élevant péniblement à 23 millions de dollars.
Un accueil critique mitigé entre nostalgie et invraisemblances
La critique s’est montrée particulièrement divisée lors de l’analyse de ceux qui veulent ma mort. De nombreux observateurs ont salué l’efficacité de cette série B qui rappelle les thrillers d’action d’autrefois. Le rythme soutenu et la beauté des décors naturels du Montana offrent un spectacle divertissant.
Toutefois, d’autres journalistes regrettent un scénario trop mince et éculé. L’intrigue politique et financière qui initie la traque est rapidement abandonnée au profit d’une simple course-poursuite. De plus, l’utilisation d’effets spéciaux numériques pour représenter les incendies de forêt a suscité de vives critiques quant à leur réalisme.
Le jeune Finn Little a néanmoins fait l’unanimité grâce à son jeu d’acteur d’une grande maturité. Son duo avec Angelina Jolie apporte une touche d’humanité bienvenue au milieu de ce déchaînement de violence et d’effets visuels parfois discutables.
Au final, ce long-métrage de Taylor Sheridan s’impose comme un divertissement d’action efficace à défaut d’être totalement mémorable. Il offre un spectacle honorable pour les amateurs de survie en milieu sauvage, tout en rappelant la fragilité de notre rapport à la nature.
