L’été est souvent le théâtre des métamorphoses les plus marquantes de notre jeunesse. Sorti en exclusivité mondiale sur Netflix le 6 mai 2022, le long-métrage En route pour l’avenir, réalisé par Sofia Alvarez, capture avec délicatesse cette parenthèse suspendue entre la fin du lycée et le grand saut vers l’âge adulte. Ce film de 106 minutes, adapté du roman à succès de Sarah Dessen, s’impose comme une proposition rafraîchissante pour les amateurs de romances estivales.
En nous plongeant dans l’atmosphère brumeuse et chaleureuse d’une petite station balnéaire, cette production américaine nous invite à suivre le parcours d’une jeune fille en quête de repères. À travers ses errances nocturnes, elle va réapprendre à vivre et à s’ouvrir aux autres, entamant ainsi une véritable marche en route pour l’avenir.
Une quête nocturne sous le ciel de Colby
L’histoire suit Auden West, incarnée par la jeune actrice Emma Pasarow. Auden est une adolescente extrêmement brillante, studieuse et solitaire, mais elle s’est construite une carapace rigide pour se protéger des conflits familiaux. En effet, depuis le divorce particulièrement difficile de ses parents, elle souffre d’insomnies chroniques et passe ses nuits à errer seule dans sa bulle de perfectionnisme.
À l’aube de son entrée à l’université, elle décide de bousculer ses habitudes en passant son dernier été chez son père à Colby, une charmante ville côtière. Elle espère y trouver un nouveau départ, mais elle doit d’abord s’adapter à une cohabitation mouvementée. Entre son père, un écrivain égocentrique et débordé, sa belle-mère Heidi qui gère une boutique très colorée, et le bébé de ces derniers qui ne cesse de pleurer, le quotidien d’Auden est loin d’être reposant.
C’est dans ce contexte qu’elle fait la rencontre d’Eli, un autre adolescent insomniaque et mystérieux joué par Belmont Cameli. Eli est un adepte passionné de BMX qui cache une profonde blessure liée à un drame personnel. Ensemble, profitant du calme et de la complicité des heures nocturnes, ils vont se lancer un défi singulier. Eli pousse Auden à réaliser ses rêves d’enfance inachevés à travers une série de quêtes et d’aventures inattendues, lui permettant enfin de goûter à l’insouciance qu’elle s’était toujours refusée.
De l’écrit à l’écran : l’univers de Sarah Dessen
Cette aventure cinématographique n’est pas née de rien, puisqu’elle adapte fidèlement le célèbre roman de l’autrice américaine Sarah Dessen. Ce livre, traduit en français par Véronique Minder, pose les bases d’un univers littéraire très apprécié des adolescents. Bien que l’intrigue soit fictive, l’autrice a confessé y avoir injecté une part importante d’elle-même, notamment son propre perfectionnisme maladif et sa frustration intense face à l’échec.
La ville fictive de Colby sert d’ailleurs de décor récurrent pour Sarah Dessen. Les lecteurs assidus peuvent ainsi retrouver cette ambiance maritime si particulière dans d’autres de ses ouvrages, créant un sentiment de familiarité chaleureux. Cependant, certains lecteurs soulignent que l’entrée dans l’histoire demande un peu de patience, les premières pages du roman s’avérant parfois lentes avant que la magie n’opère pleinement.
La réalisatrice Sofia Alvarez a relevé le défi de transposer cette atmosphère littéraire à l’écran avec une grande fidélité visuelle. Grâce au travail du directeur de la photographie Luca Del Puppo et aux mélodies planantes du groupe de musique Beach House, le film parvient à retransmettre parfaitement l’ambiance mélancolique et douce des nuits d’été.
Un casting intergénérationnel sous le feu des critiques
Pour porter ce récit initiatique, la production a misé sur un mélange de visages émergents et de figures bien connues du grand public. Aux côtés du duo principal formé par Emma Pasarow et Belmont Cameli, on retrouve notamment Kate Bosworth dans le rôle de la belle-mère Heidi, ainsi qu’Andie MacDowell et Dermot Mulroney pour incarner les parents d’Auden.
Néanmoins, la distribution n’a pas échappé à quelques controverses de la part des spectateurs. Plusieurs critiques ont pointé du doigt une certaine incohérence dans le choix des parents. En effet, l’âge apparent d’Andie MacDowell et de Dermot Mulroney, approchant de la soixantaine, a été jugé peu crédible pour incarner les parents d’une jeune fille de 18 ans. De plus, de nombreux fans ont regretté que le rôle de la célèbre actrice de Quatre mariages et un enterrement soit si court à l’écran.
L’alchimie entre les deux jeunes acteurs principaux divise également. Si certains saluent une complicité naturelle et touchante, d’autres déplorent un manque d’émotion et de relief dans leur jeu. Malgré ces réserves, le film offre de beaux moments de sororité, notamment à travers l’évolution de la relation entre Auden et son nouveau groupe d’amies composé de Maggie, Leah et Esther.
Un accueil mitigé entre douceur et prévisibilité
Avec le recul, la réception critique d’un tel projet s’avère contrastée. Sur les plateformes de notation, le long-métrage divise les foules. Par exemple, le film obtient un score de 56% d’opinions positives sur le site de référence Rotten Tomatoes, tandis que le public français se montre plus sévère avec une moyenne de 2,6/5 sur AlloCiné.
- Les points forts mis en avant par les spectateurs :
- Une ambiance visuelle soignée et apaisante.
- Une romance douce, idéale pour se détendre sans prise de tête.
- Une bande originale envoûtante qui accompagne parfaitement les scènes nocturnes.
- Une belle évolution psychologique des personnages féminins.
- Les principaux reproches formulés :
- Un scénario jugé trop prévisible et linéaire.
- Un rythme parfois trop lent pour un format d’une heure et quarante-six minutes.
- L’utilisation excessive du BMX, perçue comme un remplissage artificiel.
En fin de compte, ce voyage initiatique reste une proposition honnête pour les amateurs du genre. Même si le film n’évite pas toujours les clichés de la romance adolescente, il parvient à capturer cette douce transition de la vie où l’on se sent enfin prêt à embrasser son destin, en route pour l’avenir.
Ce long-métrage offre ainsi une réflexion touchante sur la nécessité de lâcher prise et d’accepter ses propres failles pour mieux grandir. En acceptant de bousculer ses certitudes sous les étoiles de Colby, Auden nous rappelle que le plus beau chemin vers la maturité est souvent celui que l’on n’avait pas prévu d’emprunter.
