Sa voix résonne dans l’esprit de plusieurs générations sans que le grand public ne reconnaisse immédiatement son visage. Figure majeure du paysage audiovisuel francophone, Cédric Dumond prête son timbre chaleureux, dynamique et singulier à d’immenses stars hollywoodiennes ainsi qu’à des héros cultes de l’animation et du jeu vidéo.
Pourtant, résumer son talent à la seule synchronisation sonore serait réducteur. Formé dès le plus jeune âge au jeu dramatique, l’acteur a d’abord forgé sa sensibilité sur les planches et devant la caméra avant de devenir l’un des piliers incontournables des studios d’enregistrement français.
De l’enfance sur les planches au petit écran
Un héritage familial voué au spectacle
Né le 19 septembre 1969, Cédric Dumond grandit dans l’univers artistique. Véritable « enfant de la balle », il baigne très tôt dans l’atmosphère des coulisses grâce à sa mère comédienne et à son père Philippe Dumond, lui-même acteur et voix familière du doublage. Dès l’âge de sept ans, le jeune garçon monte sur scène et découvre la rigueur de l’interprétation théâtrale.
Cette précocité lui permet de décrocher des rôles d’envergure. Il incarne notamment le rôle-titre du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry dans une mise en scène de Marie-Claire Valène. Ce spectacle l’emmène notamment en tournée dans les pays de l’Est. Par la suite, il enchaîne les pièces classiques et contemporaines, interprétant Gillou dans Fils de personne de Henry de Montherlant ou les jumeaux Horace et Frédéric dans L’Invitation au château de Jean Anouilh.
Premiers pas au cinéma et révélation télévisuelle
Parallèlement au théâtre, le jeune comédien fait ses armes au cinéma. Dès 1976, il apparaît aux côtés de Christopher Lee dans Dracula père et fils, marquant ainsi son premier rôle au cinéma. Quelques années plus tard, en 1985, il campe le personnage d’Étienne dans Scout toujours…, la célèbre comédie culte de Gérard Jugnot. Durant cette période, il multiplie les apparitions sur grand écran, explorant des registres décalés comme dans Le Tronc de Bernard Faroux et Karl Zéro.
La notoriété auprès du grand public explose véritablement au milieu des années 1990. Cédric Dumond décroche le rôle principal de Fabrice dans Extrême Limite, une série pour adolescents diffusée sur TF1. Pendant trois saisons, il incarne ce jeune sportif passionné aux côtés d’Astrid Veillon. Cette aventure télévisuelle installe durablement sa présence à l’écran tout en confirmant son aisance face aux caméras.
L’art du doublage : donner vie aux figures d’Hollywood
Une vocation guidée par le jeu d’acteur
Au début des années 1990, alors qu’il tourne activement pour la télévision, son père lui suggère d’explorer le secteur du doublage. Cédric Dumond intègre alors un stage spécialisé auprès de l’AFDAS en 1994. Son talent naturel et sa précision rythmique séduisent immédiatement les professionnels.
À l’issue de cette formation, trois directeurs de plateau le repèrent sans qu’il ait besoin de démarcher. Le milieu manquait alors de profils masculins jeunes et dynamiques. Dès lors, le comédien français développe une carrière vocale particulièrement prolifique, guidée par une règle constante : aborder chaque session en comédien à part entière, sans jamais considérer le micro comme un simple artifice technique.
Des rôles marquants dans les comédies et les blockbusters
Rapidement, le timbre enjoué et expressif de l’acteur devient indissociable de comédiens américains majeurs. Il devient notamment la voix française attitrée de Jason Biggs, qu’il suit à travers les quatre volets de la franchise American Pie dans le rôle inoubliable de Jim Levenstein. Il double également l’acteur dans des comédies comme Loser ou le film d’aventure Antartica, prisonniers du froid.
De plus, Cédric Dumond prête très souvent sa voix à Paul Rudd. On retrouve son interprétation pétillante dans les célèbres comédies de Judd Apatow, telles que 40 ans, toujours puceau, En cloque, mode d’emploi et 40 ans : Mode d’emploi, ainsi que dans I Love You, Man et Sans Sarah rien ne va.
Dans un registre tout aussi emblématique, il double régulièrement Simon Pegg. Il campe avec brio Benjamin « Benji » Dunn, l’agent de terrain intrépide de la saga Mission: Impossible, et prête sa voix à Scotty dans la trilogie cinématographique Star Trek. Par ailleurs, il accompagne Topher Grace dans des œuvres variées, prêtant son timbre au rival Eddie Brock alias Venom dans Spider-Man 3 et à des personnages plus intimistes dans Traffic ou Le Sourire de Mona Lisa.
Une présence remarquable dans les séries cultes
Le talent vocal de Cédric Dumond marque profondément les séries télévisées des années 2000 et 2010. Les amateurs de télévision le reconnaissent instantanément sous les traits de plusieurs personnages majeurs :
- Francis, l’aîné rebelle de la fratrie dans la série culte Malcolm, interprété par Christopher Masterson ;
- Damon Salvatore, le ténébreux et sarcastique vampire incarné par Ian Somerhalder dans Vampire Diaries ;
- Jin Kwon, le survivant coréen joué par Daniel Dae Kim dans le phénomène Lost, rôle qu’il prolonge ensuite sur l’acteur dans Hawaii 5-0 ;
- Peter « Skinny Pete », l’acolyte loyal dans Breaking Bad et le long-métrage El Camino ;
- Le Dr Jake Hartman incarné par Scott Wolf dans la série médicale Everwood.
Sur grand écran, il prête également sa voix à Luke Evans dans le rôle de Bard l’Archer pour la trilogie Le Hobbit, ainsi qu’à des comédiens comme Mark Ruffalo, Josh Hartnett et Ben Affleck dans des productions d’action et des drames réputés.
Une empreinte durable dans l’animation et le jeu vidéo
De Miyazaki aux productions animées modernes
Dans le domaine de l’animation, Cédric Dumond offre des interprétations mémorables qui traversent les époques. Les passionnés de japanimation gardent en mémoire son travail magistral sur le prince Ashitaka dans Princesse Mononoké, une somptueuse fresque d’animation japonaise signée Hayao Miyazaki pour le Studio Ghibli.
Il interprète également Kamina, le héros flamboyant de Gurren Lagann, mais aussi Gyutaro dans Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba et Raye Penber dans Death Note. Côté occidental, l’acteur prête sa voix à Viktor dans la série événement Arcane, au Prince Armand Sheran Charm dans la production française Wakfu, ainsi qu’à plusieurs figures de l’écurie Disney comme Kovu adulte dans Le Roi Lion 2 et Mortimer Mouse.
Les grandes figures vidéoludiques
L’industrie du jeu vidéo fait régulièrement appel à sa palette d’émotions très étendue. Cédric Dumond incarne le célèbre raton laveur cambrioleur Sly Cooper dans l’intégralité de la franchise éponyme de Sony, apportant au héros tout son charme goguenard.
Parmi ses autres rôles marquants figure Octane dans Apex Legends, le combattant ultra-rapide aux répliques survoltées. Les joueurs le retrouvent aussi sous les traits du mystérieux Benny dans Fallout: New Vegas, de Simon « Ghost » Riley dans Call of Duty: Modern Warfare 2, d’Electro dans Marvel’s Spider-Man, ou encore de Johnny Cage dans la licence Mortal Kombat.
Un artiste aux multiples facettes et aux engagements affirmés
Bien que très sollicité par les studios de doublage, Cédric Dumond n’a jamais délaissé l’écriture et le spectacle vivant. Avec son père Philippe, il a co-écrit plusieurs pièces de théâtre présentées à Paris, notamment Les Oies du Capital aux Bouffes-Parisiens et Prime Time aux Théâtre des Mathurins. Il prête également sa voix à des livres audio et à de nombreux projets institutionnels et publicitaires.
En dehors des plateaux, l’artiste cultive des passions bien précises, qu’il s’agisse de l’élevage des cichlidés du lac Malawi ou de son attachement au mouvement du logiciel libre. Éclectique et généreux, il continue d’enrichir le patrimoine sonore francophone avec la même exigence dramatique qu’à ses débuts, reliant avec naturel les grands classiques du cinéma aux créations interactives les plus modernes.






