Réussir à mener de front une carrière artistique et un parcours entrepreneurial d’envergure est un défi rare. C’est pourtant la trajectoire qu’a choisie Eric Wapler, un homme dont la vie oscille constamment entre l’intimité des plateaux de tournage et le tumulte des grandes tables parisiennes. Connu pour ses rôles de second plan et ses établissements branchés, il incarne une polyvalence remarquable dans le paysage culturel et économique français.
La genèse d’une vocation artistique au Cours Florent
Natif de Besançon, où il voit le jour le 11 mai 1961, le futur comédien ressent très tôt l’appel des planches. C’est en s’inscrivant au célèbre Cours Florent en 1984 qu’il pose les bases de son avenir. Cette école de théâtre réputée lui offre non seulement les outils pour façonner son jeu d’acteur, mais elle devient aussi le théâtre d’une rencontre déterminante pour le reste de son existence.
Dans ces salles de classe, il croise le chemin de la jeune Valérie Benguigui. Après une attente de près de six mois, l’étudiante franchit le pas et initie leurs premiers pas amoureux. Ce coup de foudre artistique et sentimental scelle leur union. Les deux amoureux se marient officiellement le 15 juin 1996, formant un couple solide et complice, admiré par leurs pairs de la profession.
Une carrière de comédien jalonnée de seconds rôles marquants
La carrière d’Eric Wapler débute véritablement sur grand écran en 1986. Il partage alors l’affiche avec son épouse dans le film de Francis Huster, On a volé Charlie Spencer. L’année suivante, il se distingue dans un registre plus dramatique en incarnant Arnaud Florent dans le long-métrage historique Champ d’honneur, réalisé par Jean-Pierre Denis. Ce rôle de fils de riche marchand lui permet de révéler une sensibilité singulière.
Durant les décennies suivantes, l’artiste enchaîne les apparitions chez de grands cinéastes ou dans des productions grand public. Le public peut notamment l’apercevoir en Lord dans Conte d’hiver d’Éric Rohmer, ou encore dans la comédie satirique Charité biz’ness à la fin des années 1990. Plus tard, il prête ses traits à un médecin dans le succès populaire Comme t’y es belle !, un projet mené par Lisa Azuelos où il retrouve une nouvelle fois celle qui partage sa vie.
Le choix de la restauration : un tournant stratégique et familial
Malgré des opportunités régulières, l’acteur constate la précarité inhérente au métier de comédien. Pour offrir une stabilité à son foyer et permettre à son épouse de s’investir pleinement dans sa propre ascension artistique, il décide de réorienter ses activités. Ce choix courageux marque le début d’une impressionnante réussite dans le domaine de la restauration en Île-de-France.
L’entrepreneur prend rapidement de l’envergure en devenant le gérant et le propriétaire de plusieurs adresses emblématiques de la région parisienne. Il pilote ainsi le célèbre restaurant Le Quai Ouest situé à Saint-Cloud, mais aussi le branché Tokyo Eat au cœur du Palais de Tokyo. Plus tard, il s’associe au projet du Café Caché implanté au sein du pôle culturel Centquatre, confirmant son goût pour les lieux où se mêlent gastronomie et art contemporain.
Face aux épreuves de la vie
Le destin de la famille bascule tragiquement au début des années 2010. Valérie Benguigui se bat courageusement contre un cancer du sein, mais succombe finalement à la maladie le 2 septembre 2013, à l’âge de 47 ans. Ses obsèques, organisées au cimetière du Montparnasse, réunissent de nombreuses célébrités du septième art venues soutenir l’entrepreneur et ses deux fils, César et Abraham, alors respectivement âgés de 19 et 15 ans.
Après ce drame personnel, le chef d’entreprise choisit de se mettre temporairement en retrait des projecteurs pour se focaliser sur l’éducation de ses enfants et sur la pérennité de ses affaires commerciales. La gestion de ses restaurants devient alors son ancrage principal durant cette période de reconstruction familiale difficile.
Un retour progressif vers les caméras
L’amour du jeu ne quitte jamais totalement Eric Wapler. Dès la seconde moitié de la décennie 2010, il renoue ponctuellement avec les plateaux de tournage. On le retrouve ainsi dans le biopic Dalida sous les traits d’un psychologue, puis en conseiller Pôle Emploi dans la comédie dramatique Un homme pressé en 2018.
Ses apparitions récentes confirment cette fidélité au jeu d’acteur, souvent pour des fictions télévisées inspirantes comme La belle étincelle en 2023. Les bases de données spécialisées mettent en avant la régularité de son travail à travers les époques. Ses rôles variés récoltent d’ailleurs une note globale moyenne très honorable de 3,65 sur 5 auprès des usagers des plateformes spécialisées de cinéma.
Aujourd’hui, l’homme d’affaires continue d’équilibrer sa vie professionnelle entre la rigueur de la gestion d’établissements et le plaisir des tournages occasionnels. Ce double parcours démontre qu’il est tout à fait possible de concilier la passion artistique et le sens des réalités économiques au fil d’une vie riche en rebondissements.
