Dans le monde du patinage de vitesse, la recherche de la vitesse pure exige un mental d’acier et une précision millimétrique. C’est dans cette quête d’absolu que Laurent Dubreuil s’est forgé une place de choix parmi l’élite internationale de la discipline.
Né à Québec le 25 juillet 1992, le patineur québécois a grandi à Lévis, baigné dès son plus jeune âge dans une atmosphère de compétition. Son parcours illustre à quel point la détermination et la rigueur technique peuvent mener un athlète vers les sommets mondiaux, malgré les embûches physiques.
L’héritage de la glace : une affaire de famille
Pour comprendre cette trajectoire unique, il faut remonter aux racines de sa passion. En effet, ses parents sont tous deux des athlètes de niveau olympique. Sa mère, Ariane Loignon, a patiné aux Jeux de Calgary en 1988, tandis que son père, Robert Dubreuil, a participé aux épreuves de courte piste à Calgary, puis de longue piste à Albertville en 1992.
Afin de transmettre cet amour du sport, son père a lui-même bâti une patinoire artisanale dans la cour familiale de Lévis. C’est sur cette surface gelée que le jeune prodige a chaussé ses premiers patins dès l’âge de quatre ans.
Pourtant, le chemin vers les sommets du longue piste n’était pas tracé d’avance. À l’adolescence, l’athlète lévisien s’illustrait d’abord sur courte piste. Cependant, après avoir subi deux commotions cérébrales successives au cours de la saison 2006-2007, il a dû réorienter sa carrière. Ce choix stratégique s’est avéré salvateur pour la suite de son parcours.
De la résilience physique aux sommets mondiaux
La route vers le succès professionnel a toutefois été compromise par des pépins de santé majeurs. En 2008, une grave entorse lombaire l’a contraint à s’éloigner des patinoires pendant de longs mois. Grâce au soutien du préparateur physique Jonathan Pelletier-Ouellet, il a pu solidifier son tronc et reprendre l’entraînement intensif. Cette préparation rigoureuse lui a permis d’intégrer le circuit de la Coupe du monde dès la saison 2011-2012.
Par la suite, l’ascension de Laurent Dubreuil a été fulgurante sur la scène internationale. Il a remporté sa première médaille individuelle en Coupe du monde à Séoul lors de la saison 2014-2015. Plus tard, il s’est offert le titre suprême de champion du monde du 500 mètres en 2021 à Heerenveen. Il devenait ainsi le deuxième Canadien de l’histoire à décrocher cette couronne après le légendaire Jeremy Wotherspoon.
L’apothéose olympique : de la déception de Pékin au bronze de Milan
Les Jeux olympiques représentent souvent le juge de paix pour les sprinteurs sur glace. Lors des Jeux de Pékin en 2022, le sprinteur sur glace a vécu des émotions contrastées. Au 500 mètres, il a d’abord échoué au pied du podium pour seulement trois centièmes de seconde. Néanmoins, il a magistralement rebondi quelques jours plus tard en décrochant la médaille d’argent au 1000 mètres.
Quatre ans plus tard, lors des Jeux de Milan-Cortina en février 2026, la consécration s’est poursuivie sur sa distance de prédilection. Il a ainsi décroché une superbe médaille de bronze au 500 mètres avec un temps de 34,26 secondes. Bien qu’il ait brièvement détenu le record olympique durant l’épreuve, deux concurrents redoutables l’ont finalement devancé.
La science de la vitesse au Centre de glaces
Pour maintenir un tel niveau de performance, le champion olympique s’impose une discipline de fer au quotidien. Il s’entraîne environ vingt heures par semaine au Centre de glaces à Québec. Sous la supervision de ses entraîneurs Gregor Jelonek et Muncef Ouardi, il peaufine les moindres détails techniques de ses départs. Ses efforts ont payé, notamment lorsqu’il a établi son record personnel sur 500 mètres à 33,77 secondes à Calgary.
Cette quête de perfection se traduit également par une régularité impressionnante au fil des saisons. En effet, Laurent Dubreuil a remporté le classement général de la Coupe du monde de 500 mètres à deux reprises, en 2022 et 2023. Il accumule aujourd’hui plus de quarante podiums internationaux dans cette épreuve reine.
Surmonter la tempête d’une saison éprouvante
Malgré cette régularité, le sport de haut niveau réserve parfois des périodes sombres. La saison 2025-2026 s’est ainsi révélée particulièrement ardue pour le patineur. Entre des ennuis techniques majeurs, une maladie et une blessure tenace à l’aine, il a dû faire le dos rond. Pour la première fois en six ans, il a terminé une campagne de Coupe du monde sans la moindre victoire individuelle.
Pourtant, sa force de caractère s’est à nouveau exprimée lors des Championnats du monde de sprint à Heerenveen. Malgré une préparation tronquée, il a arraché une honorable cinquième place au classement général. Il a même égalé son chrono olympique de 34,26 secondes lors du premier 500 mètres.
Désormais tourné vers l’avenir, Laurent Dubreuil prouve que la longévité au plus haut niveau dépend autant de la résilience mentale que des capacités physiques. Soutenu par sa famille et ses proches, le sprinteur de Lévis continue d’écrire l’une des plus belles pages du patinage de vitesse canadien.






