Sortie sur les écrans français en janvier 2020, la comédie Une belle équipe s’impose comme une chronique sociale à la fois tendre et engagée. Réalisé par Mohamed Hamidi, ce long-métrage utilise le sport le plus populaire de France pour bousculer les mentalités et interroger la place des femmes dans notre société.
Un terrain masculin pour inverser les rapports de force
Mohamed Hamidi a eu le déclic en constatant que tous ses films précédents mettaient en scène des héros masculins. Pour corriger ce déséquilibre, il a choisi le football, souvent perçu comme un bastion d’hommes, afin d’y installer des figures féminines fortes. Loin de chercher l’affrontement systématique, le cinéaste privilégie une approche de réconciliation entre les genres.
Il s’agit de bâtir un collectif soudé qui, par le rire, déconstruit les préjugés ordinaires. Cette démarche de divertissement populaire s’inscrit dans la lignée de ses précédents succès comme la comédie La Vache.
Le sauvetage désespéré du club de Clourrières
L’action se déroule dans le Pas-de-Calais, au sein de la petite commune fictive de Clourrières. À la suite d’une bagarre générale sur le terrain, l’équipe masculine locale se retrouve suspendue pour toute la fin de la saison. Cette décision administrative menace directement de ruiner le club de la ville, qui risque de perdre ses financements et de disparaître.
Pour éviter ce désastre à seulement trois journées de la fin du championnat, l’entraîneur décide de constituer un groupe exclusivement féminin afin de terminer la compétition. Ce choix radical va bousculer le quotidien des familles et forcer les habitants à revoir leurs priorités.
Des personnages hauts en couleur portés par une distribution solide
Le film repose sur une formation solide de comédiens très appréciés du public français. Kad Merad incarne Marco, l’entraîneur bienveillant, un rôle qu’il a activement sollicité après avoir adoré le travail précédent du réalisateur. À ses côtés, Alban Ivanov prête ses traits à Mimil, un bénévole gaffeur et attachant qui s’occupe de la logistique.
Du côté des joueuses, le long-métrage brille par la diversité de ses profils :
- Céline Sallette interprète Stéphanie, une mère de famille qui tente de partager la charge mentale avec son époux.
- Sabrina Ouazani joue Sandra, une joueuse surdouée qui cherche à se réinsérer socialement.
- Laure Calamy incarne Catherine, une femme issue de la bourgeoisie qui s’affranchit d’un mari autoritaire.
Un accueil critique partagé entre tendresse et réserves
La critique a unanimement salué la performance de cette escouade performante d’actrices, soulignant la complicité de cette bande de femmes à l’écran. Les observateurs ont apprécié la folie de Laure Calamy et la justesse de Céline Sallette. Cependant, certains spécialistes ont reproché au scénario une trop grande prévisibilité et une accumulation de clichés caricaturaux sur les hommes.
De plus, le film a souvent été comparé à Comme des garçons, sorti deux ans plus tôt, qui explorait un sujet similaire avec la naissance de la première équipe féminine de Reims. Pour les détracteurs, le traitement des rapports familiaux reste parfois trop simpliste pour convaincre totalement.
Un bilan commercial en demi-teinte pour une belle équipe
Malgré une promotion active et une distribution dans plus de 400 salles lors de sa sortie, le film n’a pas rencontré le succès public espéré. Avec un budget de production conséquent s’élevant à plus de 8,6 millions d’euros, l’œuvre a peiné à attirer les foules dans les salles obscures.
Le long-métrage a terminé sa carrière avec un total de 327 489 entrées après sept semaines d’exploitation. Les recettes finales de 2,2 millions d’euros n’ont pas permis d’amortir l’investissement initial. Néanmoins, cette comédie populaire conserve un charme indéniable qui trouve régulièrement son public lors des diffusions télévisées et des visionnages familiaux.
En mêlant sport et revendications sociales, le film montre que la solidarité féminine peut déplacer des montagnes, même sur un terrain de football. Cette comédie bienveillante rappelle que le sport reste avant tout un formidable vecteur de cohésion et d’égalité.
